Krishnamacharya

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Sri Tirumalai Krishnamacharya  (1888-1989)

Naissance et éducation:

Shri T. Krishnamacharya n’a jamais laissé personne indifférent, lui- même, au cours d’une vie qui remplirait aisément plusieurs vies ordinaires, a fait beaucoup de rencontres extraordinaires.Descendant de Nâthamuni, il était promis dès la naissance à un sort exceptionnel.
Tout jeune encore, il fréquentait les savants de l’Institut de sanskrit de Mysore, le Parakala Mutt, et se mêlait déjà aux débats les plus ardus. Lorsqu’il partit pour Bénares pour la première fois, vers l’âge de 18 ans, il eut la chance d’être instruit de certains secrets de grammaire sanskrite en une seule nuit par  Shivakumar Shâstri.

Revenu à Mysore,  Shri Krishna Brahmatantra Swâmi, lui transmettra le védanta pendant trois ans. A nouveau reparti pour Bénarès, il y trouva un précepteur très clairvoyant, Shri Vamacarana Bhattâchârya qui, tout en lui enseignant la philosophie, devait des années durant l’aider de ses conseils à diriger sa vie.

Apprentissage du yoga:
Une rencontre avec un saint errant l’amena à étudier certains aspects du yoga avec un ascète réputé, Shri Babu Bhagavan Dâs et à se présenter à un examen de philosophie Sâmkhya (philosophie fondatrice du Yoga) à l’Université de Patna.

C’est ensuite sur l’avis de son précepteur qu’il partit à pied pour l’Himâlaya, rejoignant par des chemins malaisés et des ponts de corde tendus sur les torrents le pied du Kailash, montagne mythique considérée comme la demeure de Shiva et l’axe de l’univers, et le lac sacré de Mânasarovar. C’était pour y faire la rencontre la plus décisive de son existence avec le plus grand des savants de yoga, en philosophie, pratique et thérapie. Auprès de Yogeswar Shri Râmamohan Brahmacâri, il allait vivre et apprendre.

Il nous raconte cette rencontre:

“Lorsque je rencontrai mon guru, je le saluai respectueusement, il était évident que Ganganath Jha lui avait écrit a propos de moi pour lui annoncer mon arrivée, car il me reçu avec beaucoup de bonté et d’affection. Je remarquais que même si portait le titre de Bramachari (célibat) il vivait avec sa famille. Son fils aîné Ramachandra Bramachari est encore vivant aujourd’hui et a environ 80 ans (écrit en 1984). Notre nourriture dans la grotte se composait de puris (galettes indiennes) ,  d’halwa (confiture de fruit à base de ghee) et de thé. Mon séjour auprès de mon maitre au Tibet dura Sept ans et demi. Ram mohan me fit mémorisé par coeur la totalité du Yoga gurandam (yoga korunta de vamana rishi) en langue gurkha. Les différentes étapes de l’ashtanga yoga de Patanjali sont abordées d’une manière très spécifique et précise. Ceci est nécessaire car les yoga sutras sont par définitions très concis. Dans le yoga gurandam, les différentes postures et séquence du yoga sont expliqués avec une grande précision. Seulement après avoir étudié ce livre peut on réellement saisir les  niveaux subtils de la science yogique contenue dans les yoga sutras de Patanjali .

Lorsque Shri T. Krishnamacharya quitta son guru et l’Himalaya, sa voie était définitivement tracée: il devait, selon un vœu exigé par ce guru, enseigner et même promouvoir le yoga, mais ne faire aucun usage professionnel de ses connaissances ou de ses diplômes dans toutes les autres sciences qu’il avait étudiées.
Début de l’enseignement
Du Tibet, Krishnamacharya retourne en Inde du Sud étudier l’Ayurveda, la pratique médicale traditionnelle de l’Inde, aussi bien que Nyaya, “une école Védique de la logique”. En 1924 il est invité par le Maharaja de Mysore à ouvrir une école de yoga où il a enseigné jusqu’en 1955. Celui-ci voit dans le yoga une aide pour traiter ses nombreux maux. Le Maharaja est si impressionné par Krishnamacharya qu’il l’invite à l’enseigner à la famille royale et lui donne l’aile d’un palais voisin pour ouvrir une école de yoga. Parce que plusieurs de ses étudiants, de cette époque, étaient des garçons dynamiques, il a développé un modèle vigoureux de yoga visant à construire la force et la vigueur, connu aujourd’hui au travers du populaire Ashtanga vinyasa Yoga. Il devient bientôt le conseiller de confiance du Maharaja, et est bientôt autant recherché comme instructeur que comme guérisseur de yoga. Après l’indépendance de l’Inde, un des premiers actes des nouveaux politiques indiens est de détrôner le Maharaja mettant fin à son long règne, ainsi qu’au soutien que reçoit Krishnamacharya.

L’établissement
Après avoir quitté Mysore, Krishnamacharya se rend à Bangalore pendant deux années, puis est invité par un avocat renommé à se rendre à Chennai un des plus

grandes villes de l’Inde, afin de l’aider à guérir d’une paralysie. À l’âge de 60 ans, la réputation de Krishnamacharya qui en fait un professeur strict et intimidant s’est adoucie. Il développe un aspect compatissant, plus doux, de l’enseignement. Krishnamacharya habite et a enseigne à Chennai jusqu’à ce qu’il tombe dans le coma et meurt finalement en 1989 à l’âge de 101 ans. Bien que beaucoup l’aient considéré comme un maître de yoga, lui continuait à s’appeler “élève” parce qu’il s’estimait toujours “étudiant, explorant et expérimentant” la pratique.
C’est à la suite de son Gurukulam (apprentissage traditionnel aux pieds du maître) qu’il devint l’érudit hors pair et l’expert en Yoga qu’il fut.Parmi les étudiants dont il avait la charge, certains sont devenus les professeurs les plus influents d’aujourd’hui : B.K.S. Iyengar, Pattabhi Jois, Indra Devi et son propre fils : T.K.V. Desikachar. Bien que sa connaissance et son enseignement aient profondément influencé le yoga de par le monde entier, il ne quittera jamais de sa vie son Inde natale.

L’enseignement de B.K.S. Iyengar et Pattabhi Jois est basé sur leurs propres expériences avec Krishnamacharya dans les années 1930 à Mysore, quand ils étaient tous les deux de jeunes hommes. Leurs styles en restent profondément marqués en ce qu’ils reflètent une forme de yoga dynamique approprié à de jeunes constitutions et particulièrement centré sur la pratique posturale (asanas). Toutefois, les professeurs comme T.K.V. Desikachar, l’A.G. Mohan et Srivatsa Ramaswami enseignent une plus large partie des enseignements de Krishanamacharya. Ce mode de yoga dépasse la seule pratique de l’asana et s’adapte à l’élève, tenant compte de sa santé, de son énergie, de son physique, de son sexe, de son âge mais aussi du lieu de la pratique.

Approche des soins physiques
Krishnamacharya pensait que le yoga était le plus grand cadeau de l’Inde au monde- bien que beaucoup de gens l’approchent comme une pratique spirituelle, il y a également incorporé beaucoup de soins physiques parce qu’il est difficile qu’une personne se développe, si elle souffre de beaucoup d’inconfort dû aux maladies. Par les enseignements que Krishnamacharya a reçu de son père et d’autres instructeurs, il s’est rendu compte que chaque personne est “absolument unique”, il estimait que la partie la plus importante de l’enseignement du yoga était qu’on doit “enseigner à l’étudiant selon sa capacité au moment présent”.c’est à dire que la voie d’accès du yoga doit être enseigner de “manières différentes pour des personnes différentes” et chaque personne doit recevoir un enseignement qu’elle comprenne clairement. En raison de cette approche individualisée, il est impossible d’expliquer le processus d’enseignement de Krishnamacharya dans sa complétude.

Krishnamacharya était non seulement un instructeur de yoga, mais également était considéré comme un praticien de médecine d’Ayurvédique et “détenteur de l’énorme connaissance de la nutrition, la médecine des herbes, l’utilisation d’huiles, et autres remèdes”. Ceci lui a donné la capacité d’approcher les problèmes d’un individu d’une façon bien documentée. Quand il commençait à travailler avec une personne, il menait un examen très détaillé pour choisir la voie la plus efficace. Il prenait le pouls, examinait la couleur de la peau, écoutait la qualité du souffle, entre autres choses. Pendant la période du diagnostic, Krishnamacharya recherchait ce qui “a dérangé ou a gêné l’union harmonieuse du corps, de l’esprit, et du spirituel”. Quoiqu’une maladie soit localisée dans une zone particulière, il savait qu’elle retentissait sur beaucoup d’autres systèmes dans le corps, mental et physique. Après l’examen initial, il demandait par la suite à la personne, si il ou elle pourrait suivre ses conseils. Il posait cette question parce qu’il savait que si la personne ne pouvait pas lui faire confiance entièrement il y avait peu de chance de guérison. Si la réponse était “oui” “la médiation curative commençait” mais si la personne montrait de l’hésitation il la renvoyait.

Une fois qu’une personne commençait à voir Krishnamacharya, il travaillait avec elle à un certain nombre de niveaux comprenant celui d‘ajuster leur régime ; créer les médecines d’herboristerie ; et d’établir une série de postures de yoga qui lui serait bénéfique. En formant une personne à la pratique du yoga, Krishnamacharya a en particulier souligné l’importance de combiner le travail du souffle (pranayama) avec les postures des (asana) de yoga et méditation (dhyana) pour atteindre le but désiré. Il continuait à voir la personne approximativement une fois par semaine pour surveiller le progrès jusqu’à ce qu’elle ait été guérie.

Alors même que Krishnamacharya ait soutenu que les textes de yoga les plus importants étaient les yoga Sutras de Patanjali, le yoga Rahasya de Nathamuni et la Bhagavad Gita, sa plus grande force était sa capacité à prendre “l’enseignement classique du yoga et de la philosophie indienne” et de les combiner dans un cadre moderne. En faisant ceci il pouvait raviver la pratique du yoga de sorte qu’elle soit “précise et puissante”.

La légende du Yoga-Rahasya

3 gurus et 48 questions

vidéo sur le maitre en 1938 à l’age de 50 ans.