Dharana: la concentration

desa-bandhas cittasya dharana (Yoga sutras III.1)

LA CONCENTRATION CONSISTE A FIXER LA  SUBSTANCE
MENTALE  SUR UN SUJET PARTICULIER

Comme il a déjà été indiqué, les cinq premiers Angas (étapes) du Yoga éliminent, pas à pas, les causes extérieures de distraction mentale. Yama (les Règles ou les autointerdictions) et les Niyama (les Commandements) éliminent les dérangements causés par des désirs et émotions non contrôlés. L’Asana (la Posture) et le Prânâyâma (le contrôle du souffle ou prana) éliminent les dérangements causés par les corps physique . Le Pratyâhâra (ou “déconnexion” des sens) en détachant les organes des sens du mental, exclut le monde extérieur et les impressions qu’il produit sur le mental. Le mental est ainsi complètement isolé du monde extérieur et le Sâdhaka (le Méditant) est ainsi en état de lutter avec lui-même; sans aucune gêne venant du dehors. Ce n’est que dans ces conditions que le succès est possible dans la pratique de Dhâranâ, Dhyâna et Samâdhi. Nous avons à présent la possibilité de traiter de la maîtrise du mental et de ses effets.

Le premier pas à faire en vue de ce développement est la concentration, ou la faculté de garder le mental ferment fixé sur la pensée-semence choisie par l’aspirant. Ce premier pas est l’un des stades les plus difficiles du processus de la méditation et il implique la faculté indéfectible de ramener constamment le mental à l’objet de sa concentration. Les stades mêmes de la concentration sont bien délimités et peuvent être désignés comme suit:
1. Le choix de “l’objet” sur lequel se concentrer.
2. Le fait de retirer la conscience mentale de la périphérie du corps, afin que les voies
de la perception et du contact (les cinq sens) soient réduits au calme et que la
conscience ne se dirige plus vers l’extérieur.
3. La centralisation de la conscience et sa stabilisation dans la tête, en un point
médian, entre les sourcils.
4. L’application du mental, ou extrême attention accordée à l’objet choisi pour la
concentration.
5. La visualisation de cet objet, la perception imaginative de ce qu’il est et le
raisonnement logique s’y rapportant.
6. Le fait d’étendre les concepts mentaux qui ont été formés, en les faisant passer, du
plan spécifique ou particulier au général et universel, ou cosmique.
7. Une tentative pour arriver à ce qui gît au-delà de la forme considérée, ou
d’atteindre l’idée qui est à l’origine de la forme.
Ce processus élève graduellement la conscience et permet à l’aspirant d’arriver à
l’aspect vie de la manifestation, à la place de l’aspect forme ou “objets”.

Les objets surlesquels se concentrer sont de quatre sortes:
1. Les objets externes, tels qu’image de la divinité, peintures ou formes faisant
partie de la nature.(mandalas etc)
2. Les objets internes, tels que les centres du corps éthérique (chakras etc).
3. Les qualités, telles que les diverses vertus, dans l’intention d’éveiller un désir
pour ces vertus, et ainsi, de la édifier au sein de sa vie personnelle.(bhavana)
4. Les concepts mentaux, ou les idées incorporant les idéaux qui gisent à
l’arrière-plan de toutes les formes animées. Ils peuvent se présenter sous la forme de
symboles ou de mots.

Les quatre types d’objets mentionnés ci-dessus dirigent graduellement l’aspirant vers l’intérieur et le mettent à même de transférer sa conscience, du plan physique dans le domaine éthérique et de là, dans le domaine du désir et des émotions et ensuite dans le monde des idées et concepts mentaux. Ce processus, qui se produit dans le cerveau, amène l’homme inférieur tout entier à un état d’attention cohérente concentrée sur un seul point, toutes les parties constituantes de sa nature étant dirigées vers la fixité de l’attention, ou d’une concentration de toutes les facultés mentales. Dès lors, le mental ne se disperse plus, n’est plus instable et dirigé vers l’extérieur, mais il est pleinement fixé dans la concentration. Le Yogi peut dés lors cheminer vers Dhyana la méditation

Le soi est la cible, vous êtes la flèche et le yoga est l’arc…

l’Absolu est la cible, le yoag ets l’arc et vous êtes la flèche